Tout ce qui n'est pas donné ou partagé est perdu (proverbe gitan)

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Ici c'est le printemps toute l'année !!!

lundi 24 janvier 2011

Leçon de séduction n° 12...




...ou comment garder la bonne distance pour rentrer dans la volupté d'une véritable approche amoureuse.

Les méandres dans lesquels des liens se tissent et peuvent se défaire sont une toile étendue à l'infini aux nombreuses possibilités, où la fragilité côtoie de près la force et où la laideur frôle la beauté.
Dans cet extrait, le regard posé sur l'autre n'est que splendeur.



"Elle ne m'a pas encore vu ; je me trouve à l'autre bout du comptoir, très loin, à l'écart. Un miroir est suspendu sur le mur opposé, elle n'y pense pas, mais le miroir y pense. Avec quelle fidélité n'a-t-il pas su saisir son image ; il est comme un humble esclave qui prouve son attachement par la fidélité, un esclave pour lequel elle a de l'importance mais qui n'a aucune importance pour elle, qui ose bien la comprendre, mais non la prendre. Ce malheureux miroir qui sait bien saisir son image, mais non la saisir, ce malheureux miroir qui ne peut pas garder son image dans le secret de ses cachettes en la dérobant à la vue du monde entier, mais qui ne sait que la révéler à d'autres, comme maintenant à moi ! Quel supplice pour un homme s'il était ainsi fait. Et pourtant, n'y a-t-il pas beaucoup de gens qui sont ainsi faits, qui ne possèdent rien sauf un moment où ils le montrent aux autres, qui ne saisissent que l'apparence des choses et non pas la substance, qui perdent tout au moment où celle-ci désire se montrer, exactement comme ce miroir perdrait son image si par un seul souffle elle désirait lui ouvrir son cœur. Si un homme était incapable de garder dans son souvenir une image de la beauté, pas même à l'instant de sa présence, il devrait désirer en être toujours éloigné, et jamais trop proche pour voir la beauté de ce qu'il serre dans ses bras, et qu'il ne voit plus, mais qu'il pourrait revoir en s'éloignant, et qui, au moment où il ne peut pas voir l'objet parce-qu'il est proche de lui, au moment où les lèvres se joignent pour le baiser, sera tout de même visible pour les yeux de son âme...Ah ! Comme elle est belle ! Pauvre miroir, quel supplice pour vous, mais quelle chance aussi pour vous de ne pas connaître la jalousie."

Le journal du séducteur de Kierkegaard



Mathilde Primavera.

9 commentaires:

  1. mieux vaut miroir que conscience et tourments, Kiekegaard, Monsieur, êtes moins sérieux qu'on ne le dit

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  2. Sublime photo avec le reflet du miroir qui lui donne toute sa dimension érotique et beau sujet !
    Leçon de séduction n° 12... J'ai loupé celles d'avant mince !
    Tiens j'ai une version Vieux beau et jeune femme écervelée ou qui joue à l'innocente (ce n'est pas moi je n'ai pas l'âge !)
    «Le vieux chasseur de la rue de Varenne» Extraits ...
    Attendant le serveur vêtu de blanc et de noir
    Il attaque et agite son verbe sur la volaille d’en face
    Il l’a fait rire bien qu'utilisant toujours les mêmes phrases
    Décoince un peu l’ambiance du haut de son perchoir
    Sans familiarité en surface
    Il se révèle efficace et en phase...
    -------------------------------------------
    Il courtise avec maîtrise cette belle ingénue à la dérive
    Evitant les modalités préconçues
    Manipulant avec éloquence et assurance son égo
    A la fois prudente et naïve
    Elle finit par s’échouer dessus
    Insistant sans être accessible il l’emmène vers son Eldorado...

    A plus
    James Px.

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  3. James : n'ayez aucune inquiétude, a priori de temps en temps dans la rubrique "vous aimerez peut-être" juste en desous du texte de la publication, vous verrez apparaitre les autres leçons de séduction, il n'y a qu'à cliquer dessus ! Et comme le choix est aléatoire en fonction du titre et des libéllés (non mis du reste pour les autres leçons de séduction) il faut revenir souvent pour avoir une chance de tomber dessus et de mémoire, mais sans certitude, je dirais que j'ai publié sur le sujet "leçon de séduction" en mai 2010 !

    Bon, passons aux choses sérieuses et donc à votre commentaire qui me fait me questionner quant à vos éventuels dons ! Auriez-vous mon cher un sixième sens ? Si je vous dis ça c'est que votre extrait choisi, et excellent du reste, est un extrait que je ne connaissais pas, mais que j'aurais bien pu choisir non pas pour parler des "séducteurs", mais des "prédateurs" comme nous aimons les appeler avec mes amies ! Nous en connaissons toutes, malheureusement, et je ne suis pas non plus la dernière pour tomber également dans les griffes de cette espèce égocentrique qui sait manipuler les mots poru savoir mettre l'autre dans sa poche, sans ressentir le moindre sentiment ! Malgré mes 46 ans, mais étant naïve comme peut l'être une native du lion, je suis la proie idéale ! Il me faut du temps, toujours malheureusement, pour redevenir lucide et prendre les décisions qui s'imposent !!!

    En tout cas, merci pour cet échange, pour votre réactivité !!!

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  4. James : je vous ai raconté n'importe quoi, si vous voulez vraiment savoir de quoi parlait mes 10 publications sur les leçons de séduction il faut aller en bas de ma page à droite à archives et elles sont au mois d'avril 2009 et non pas en 2010, le temps file file file !!!

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  5. Il n'y a aucun thème qui ne soit étranger au étranger fût-il comme Diogène parcourant les rues de jour comme de nuit à sa recherche, sa lanterne allumée. Dans l'ombre des miroirs, il découvre sans cesse de nouvelles pistes. Et qui sait vraiment quoi trouver dans son propre miroir, côté cour, côté jardin ?

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  6. Jeandler : il y a surtout à espérer trouver dans son miroir le reflet d'éclats de son être à travers sa propre image, ou celui d'une autre personne convoitée ! Facile, il n'y a qu'à regarder et à saisir !
    Puis, les miroirs peuvent se traverser aussi, nous ne sommes pas obligés de rester figés d'un seul côté, que ce soit cour ou jardin, pour que ça vibre, que ça fonctionne, il faut bouger !!!
    Observer dans un premier temps, agir au suivant est conseillé pour entretenir nos jardins intérieurs !
    La parole n'est pas moins importante que la vue, l'immobilité ne doit être qu'occasionnelle, savourer en silence et partager bruyamment sont compatibles.
    Tout est toujours une question de dosage et cela ne doit pas aller que dans un seul sens, ça va de soi ! Si on ne partage pas non plus des instants lumineux c'est qu'on n'a rien compris à la vie !

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