Tout ce qui n'est pas donné ou partagé est perdu (proverbe gitan)

Tout ce qui n'est pas donné ou partagé est perdu (proverbe gitan)
Ici c'est le printemps toute l'année !!!

jeudi 16 avril 2015

La foi encore plus forte que le désir










A Guerende Salpêtrier et tous ceux qui voudront, mais dans un autre registre !



Rien n'est irréalisable dans la vie à partir du moment que le désir est fort.
Les ressources pour ce faire se trouveront toujours en vous et à votre portée.
L'abondance est omniprésente, il n'y a qu'à s'autoriser à l’accueillir, à condition, bien-sûr, d'avoir nos cinq sens en éveil.

De surcroît, tout arrive toujours au bon moment, vous serez forcément à la bonne place, tout le temps, pour concrétiser, tôt ou tard, vos rêves les plus fous.
Combien même faudra-t-il en passer auparavant par de longues périodes difficiles, ces dernières ne seront jamais que des cadeaux envoyés du ciel pour apprendre à vous connaitre et vous permettre, ainsi, de vous améliorer.

Je sens bien que "les cadeaux du ciel" vous interpellent et demandent une petite précision.

Alors, disons qu'ils pourraient tout simplement se nommer la foi.

Et oui, pour arriver à dépasser certains évènements fâcheux de la vie en vue d'une amélioration de son être et par voie de conséquence de son existence, il est absolument impératif d' avoir la foi, et ce, paradoxalement, sans même se soucier de à quoi elle pourrait se rattacher.
Ceci dit, si vous connaissez le lien qui existe entre elle et vous, cela n'en sera que plus illustré. Il est, dans tous les cas, hors de question de faire de la discrimination entre les personnes appartenant à une certaine obédience et les athées. De toute façon, Dieu n'est pas un juge aux idées très orientées (sourire).

Par ailleurs, lorsque vous êtes en train de vivre des moments heureux dans votre vie, vous pouvez sentir cette foi ancrée en vous, que vous en ayez conscience, ou pas, auquel cas pour une inconscience, vous nommerez de toute façon la chose autrement, jusqu'à employer pour certains des expressions courantes comme "je suis béni des Dieux en ce moment", aussi amusante dans la bouche du profane que dans l'oreille de l'érudit !




"La foi transporte les montagnes." St-Matthieu

"Crois et tu comprendras, la foi précède, l'intelligence suit." St-Augustin

 

Mais, car il y a toujours un "mais", ce n'est pas tant la notion de ce que par quoi la foi pourrait être représentée que la fidélité, ou non, que vous lui vouez et qui est essentiel !

Pour sûr, je vous l'accorde, dans certaines circonstances douloureuses, ou ne serait-ce que dans la simple évocation de celles-ci, il est fort aisé de perdre la foi très facilement, et même, rapidement.

Pourtant, la possibilité d'une évolution spirituelle dépendra uniquement de votre capacité à dépasser tous les horribles désagréments que vous êtes en train de vivre, ou avez connu, y compris les angoisses présentes qui n'existent que dans votre imaginaire, car ici et maintenant le problème n'existe pas, et, cela ne peut se faire qu'en ayant réellement la foi.

Bon, je vous l'accorde, j'ai l'air comme ça d'être une donneuse de leçons, de connaitre mieux que vous la recette pour être serein(e), épanoui(e), bien dans sa vie, quel que soit les circonstances, mais je vais vous rassurer immédiatement, comme vous je ne suis qu'un être humain avec mes moments de doute.

Aussi, solennellement, ici et maintenant, devant témoins, pour avoir perdu la fois plusieurs fois et particulièrement récemment :

JE SUIS DÉSOLÉE,

PARDONNEZ-MOI S'IL VOUS PLAIT !

 Perdre la foi, c'est brimer le pouvoir créatif de Dieu !!!

et pour l'avoir retrouvée il y a peu : 

MERCI !

JE T'AIME !!! 



Texte de Mathilde Primavera.







dimanche 12 avril 2015

Témoignage d'un être de chair








Permettez-moi de publier un texte d'un être qui m'est cher et dont les propos démarrent là, ici et maintenant, même s'il ne date pas d'hier :

Yep! Pardonnez-moi la virulence des mots qui vont suivre. Ils ont été écrits lors de ces longues soirées de solitude adolescente... Quand il faut envisager de prendre place dans la société. Après avoir navigué de nombreuses années dans les flots tumultueux de l'âge adulte, je ne saurai renier ces sentiments qui m'animaient alors:


" Témoignage d'un être de chair,
Parce qu’exprimer ses souffrances dans un contexte de société voué à la concurrence nous force à reconnaître nos défaillances et nos faiblesses, et nous fait craindre de rester sur le bord du chemin, je souhaite partager avec vous le dernier témoignage d'un être de chair:
"J’enrage !!! J’enrage de cette rage qui violemment meurtrit mes espoirs les plus simples. J’enrage et ne peut contenir qu’avec violence la colère que m’inspire la société occidentale moderne (et passée ?...nous ne saurons juger…).
Est-ce qu’il ne me reste que la maigre joie de me dire qu’après ma mort prochaine les choses s’amélioreront ?… peut-être… ?
Je le dis comme je le pense : le monde va mal, très mal. La société cloisonnée s’abâtardit dans ses cases quasi étanches en s’auto confirmant dans des choix identitaires.
Et toi ? Toi ? Quelle case coches-tu ? Étudiant(e) ? Chômeur ? Rmiste ? Jeune ? Rebelle ? Français ? Enfant d’immigrés ? Étranger ? Fille ? Mec ?... AUTRE ! Toujours cocher la case autre. COCHER AUTRE ! C’est une question de vie ou de mort.

Chanter… Chanter, c’est ma vie ! C’est crier haut et fort de manière jolie ma révolte devant les injustices de ce monde. Mais ma voix va s’éclipsant et bientôt me restera-t-il au moins les mots ?
J’ai peur de ce que je crois comprendre. Ça fait mal. Je me sens assiégé, fou, aliéné ! Le cri de révolte de ce qui me reste d’humanité me brûle d’être ainsi contenu, de voir ainsi filer entre les doigts de chacun les lambeaux d’authenticité dont se nourrit cette réalité imaginée, pensée et imposée par d’autres. J’enrage !...
J’enrage devant cette torpeur panurgique : de quoi avons nous si peur pour ne même plus oser exprimer nos souhaits et encore moins oser les voir se réaliser ? Allons nous cesser de passer ainsi à côté de nos existences ? J’enrage !!...
J’enrage de voir ainsi la voix de la liberté ainsi étouffée par ces insanités ingérées mêmes malgré nous, à la télévision, dans les journaux et qui s’immiscent sournoisement dans nos échanges et dans nos esprits.
Le choix du moindre mal est-il encore un choix ?
La société est à l’image de ses chefs. Regardez-là ! Regardez-vous ! Vous les invisibles maîtres du mondes qui tirez des ficelles si grosses que j’en reste bouche bée. Vous qui provoquez les instincts les plus vils et attisez les violences dans votre intérêt unique, vous savez peut-être que si nous n’avions à lutter avec notre conscience à chaque instant, que si nous nous posions paisiblement entre bonnes gens, nous serions simplement bien et ne nous contenterions de peu ? La paix des braves. Elle semble être votre bête noire car un esprit en paix se contente de peu et dès lors peut-être travaillerions-nous moins et produirions et consommerions-nous moins ... ? Est-ce cela qui vous fait peur ?
Cessez de jouer avec nos vies. Votre arrogance et l’étalage de vos privilèges sont des crimes dont vous aurez à répondre. J’ose croire en une entité surpuissante qui saura vous le faire payer, car dès lors que l’on donne un prix à tout, même le pouvoir en a un!
J’ose croire en une entité non vengeresse mais juste. Pourquoi une telle croyance ? Parce que vous me semblez si puissants que de vous affronter nous signons déjà la mort de nos idées. Et c’est justement cela que vous attendez : nous rendre comme vous. Pour le prix de notre silence complice et honteux, vous distribuez quelques miettes que nous nous disputons et gratifiez d’une caresse quelques rares fidèles à la cause parmi cette masse grouillante, abjecte et indisciplinée que nous figurons à vos yeux.
Ce que vous avez conquis : gloire, pouvoir et argent,… n’est que vanité! Par contre la souffrance partout résultant de votre croyance aveugle en l’infinité des ressources de cette planète et de celle notre patience, cette souffrance, elle, est bien tangible, bien réelle, palpable, elle pue même! Vous êtes assez retors pour essayer de la drainer à votre profit par vos élans humaniste, sociaux et pacifistes sans suite. « Paroles d’engagement valant contrat de vie, tes propos tu suivras, au pire tu te tairas. » Vous faites feu de tout bois mais quand celui-ci viendra à disparaître hésiterez-vous à brûler nos corps et nos âmes ? Sachez qu à notre tour, nous n’hésiterons pas à faire flèche de tout bois pour éviter que vous ne dominiez nos consciences et pour exprimer notre détermination à tout faire dans la prise en compte réelle du souci de chacun et non du plus fort ou du plus grand nombre. Combien de fois faudra-t-il vous le répéter: « Nous ne sommes pas des numéros et encore moins du bétail !!! » ?
Assis sur ma chaise, je résiste à votre positivité volontariste de circonstance que vous affichez sans sourciller pour redresser le moral des ménages. Je résiste aussi au désespoir de ne pas adhérer à votre idéologie. Mes pensées sont souillées par les horreurs de ce monde dispensées par les media qui finissent par alimenter nos conversations et nous vider de nos dernières illusions.
Je ne peux parvenir à m’estimer heureux de ne point être directement frappé par toute cette souffrance : les émotions sont des liens invisibles qui nous rapprochent des êtres en souffrance. Que ne puisse-je ressentir la fraternité autrement que dans la douleur !...Je me sens proche des peuples en souffrance et mes aliments ont un goût amer de savoir que cette opulence démocratiquement affichée n’est destinée qu’à une minorité dont le Grand Tirage au Sort de la Vie m’a fait le privilégié. Je regrette d’être né dans un pays schizophrène. Quel est donc le sens de ces trois mots :
LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ ?
Puisque vous ne me ferez jamais avaler que le bonheur peut s’acheter, que la liberté est une idée passée de mode,
Puisque vous nous voulez connectés pour mieux nous regrouper et exploiter nos ressources humaines,
Je vous bannis de ma vie !
Je vous bannis de la société des hommes et du vivant !
Je vous bannis de la société de ceux qui marchent debout !"

Guerende Salpêtrier



mardi 7 avril 2015

Du foot en passant par les poux pour arriver jusqu'à une certaine servitude !





S'il existe autant de personnes qui aiment le foot c'est certainement car les principaux protagonistes sont des "joueurs" qui peuvent "marquer" des "buts"!

Lorsque je marque mes orteils avec mes chaussettes trop serrées, en sillonnant l'asphalte de la cité des papes, le but n'est pas forcément présent.

Quant aux joueurs qui se trouvent dans la rue, ils ne mouillent pas leurs maillots. Sont aussi insipides que ma boite de sardines restée ouverte sur ma table, sans huile, sans arrête, sans chair, mais laissant une odeur indéfinissable et tenace, pas franchement agréable.

Mais, ma chair, ma peau, qu'il faut sauver absolument, parait-il, ne restent pas comme deux harengs saur tranquillement dans leur emballage.

Hier, ma chair s'est pétrie de douleur, a rougi de stupeur, devant le père, le fils et la vierge Marie.
Ma famille spirituelle n'est jamais présente là où je l'attends.

En revanche, dans l'attente d'une alliance réelle et durable avec elle, cette dernière finit toujours par se détourner de moi au moment le plus inattendu et inopportun qu'il soit, et ce, même si le père restera toujours omniprésent dans mon esprit et recommandé vivement par mon âme !

Des jours auparavant, c'est mon alter-ego intellectuel qui m' a tourné le dos pour sauver son égo, transformant nos rêves communs délirants, en délires certains.
On a beau savoir que ce n'est pas nous qui décidons de notre destin, il est toutefois, parfois, inhumain de nous laisser sans teint.

Les morts vivants, les fantômes qui croisent mes pas transparents, ne sont jamais que mes frères.
Je les ai tous abandonnés, à commencer par moi-même, par ingratitude, manque de certitude, servitude et mauvaises habitudes.

Finalement, la fascination, les joies et les chagrins qu'engendrent le foot, ne sont pas moins louables que mes propres sentences !

(Le pouvoir que l'on s'accorde, que l'on accorde aux autres, ne sont jamais que des poux que l'on peut voir sur sa tête et dans notre propre maison.)


Texte de Mathilde Primavera.

lundi 6 avril 2015

6 avril 1327 : le poète Pétrarque rencontre Laure de Sade à Avignon !






Je vous laisse découvrir un excellent article sur Laure et Pétrarque, où quasiment tout est dit, il n'y a qu'à cliquer sur le lien suivant :




http://www.france-pittoresque.com/spip.php?article7561





Sinon, je peux aussi vous recommander cet excellent ouvrage dont voici le résumé : 

Parmi les couples célèbres d'amoureux, celui formé par Pétrarque et Laure est des plus remarquables. L'auteur, Guy Rachet, fait revivre dans ce livre ces amours qui firent le tourment et la grandeur de Pétrarque. Ce dernier a laissé une œuvre importante consacrée à sa passion pour Laure, œuvre qui a grandement contribué à l'immortalité de son auteur. 






L'histoire débute en 1327 à Avignon où Pétrarque, fils d'un exilé florentin établi en Provence, rencontre Laure dans l'église Sainte-Claire. Elle se termine en 1352, quatre ans après la mort de Laure emportée par la Grande Peste, lorsque Pétrarque s'apprête à quitter sa retraite de la "Fontaine de Vaucluse" pour s'installer en Italie. 








Restes de l'église Sainte-Claire



C'est l'Avignon des papes qui sert de toile de fond à ces amours où se mêlent désirs charnels, amour courtois et enfin sublimation amoureuse qui, à travers plus de 300 poèmes consacrés à Laure, feront de Pétrarque l'égal de Dante.






 Guy Rachet s'est attaché à reconstituer dans les moindres détails l'Avignon du temps des papes avec sa cour somptueuse, ses rues grouillantes de vie, les moeurs délicieusement dissolues des dignitaires de l'Eglise...et aussi les cours d'amour, les querelles théologiques et religieuses.






LE JARDIN DE LA ROSE, un grand roman historique vivant comme un film, qui se déroule dans un lieu et période attachants et passionnants.


Et voici quelques sonnets de Pétrarque dédiés à Laure : 


« L’Amour vint vers moi la première fois pour me frapper ! Car il s’est rendu peu à peu le maître de ma vie et m’a soumis à son joug. »








Que de fois, tout en pleurs, fuyant le genre humain,
Et me fuyant moi-même en mon charmant asile,
J'inonde ma poitrine et l'herbe du chemin !
Que de fois mes soupirs troublent l'air immobile!
Que de fois, seul, en proie à mes rêves d'amour,
Au fond d'un bois épais et d'une grotte obscure,
Je cherche autour de moi cette femme si pure
Que me ravit la tombe où j'aspire à mon tour!
Tantôt elle s'élance en nymphe vaporeuse
Sur les flots argentés de la Sorgue écumeuse,
Et s'assied près de moi sur ses bords enchanteurs;
Tantôt, d'un pied léger, son image chérie
Agite doucement les fleurs de la prairie,
Et semble à mon aspect prendre part à mes pleurs. 










Lorsque du sein de l'air, si plein de mon amour,
Je vois du haut des monts ce plateau solitaire
Où naquit l'ange aimé qui, prenant sans retour
Mon cœur prêt à verser ses parfums sur la terre,
Est parti pour le ciel et, gagnant les hauteurs,
M'a sitôt devancé par des routes lointaines
Que mes yeux, fatigués de leurs recherches vaines,
Ne voient plus un seul lieu qu'ils n'aient baigné de pleurs ;
Il n'est pas un rocher au flanc de nos collines,
Une branche, une feuille au bord des eaux voisines,
Une fleur, un brin d'herbe en ce vallon charmant,
Il n'est pas une goutte au lit de ces fontaines,
De louves en ces bois tellement inhumaines
Qui n'aient vu les effets de mon cruel tourment ! 









M'élevant en esprit dans ces lieux inconnus
Où vit celle qu'en vain ici-bas je rappelle,
Parmi les bienheureux du cercle de Vénus
Je la vis apparaître et plus tendre et plus belle.
Elle me prit la main: « Si j'en crois mon espoir, »
Dit-elle, « tu vivras parmi ces âmes pures ;
C'est par moi que ton cœur reçut tant de blessures,
C'est moi qui vis la mort descendre avant le soir.
Mon bonheur désormais échappe au sens des hommes,
C'est toi seul que j'attends; loin du monde où nous sommes
J'ai laissé ces trésors qui ravissaient tes yeux. »
Mais sa main s'entrouvrit, je cessai de l'entendre...
Hélas! aux doux accents de sa voix chaste et tendre
Mon âme était si près de se fixer aux cieux ! 








Zéphir en nos climats ramène les beaux jours
Et son aimable cour de fleurs et de verdure;
Philomèle et Progné redisent leurs amours
Et le printemps sourit à toute la nature ;
Le ciel reprend ses feux et les prés leur fraîcheur.
Jupiter enivré voit sa fille et l'admire,
Et l'amour, triomphant de tout ce qui respire,
Remplit la terre, l'onde et les airs de bonheur;
Mais pour moi, je succombe à cette ardeur profonde
Que laisse désormais sans objet en ce monde
Celle qui dans le ciel tient les clefs de mon cœur;
Le doux chant des oiseaux, l'éclat des fleurs nouvelles
Et les charmes naissants des vierges les plus belles
N'offrent plus à mes yeux que déserts et qu'horreur. 









La mort vient de ravir au monde son flambeau,
A l'amour son regard, ses feux et sa puissance,
A la beauté son charme, aux grâces leur réseau,
A mon cœur déchiré sa dernière espérance;
L'urbanité n'est plus et la pudeur a fui.
Oh ! pourquoi pleurer seul quand tous devraient se plaindre?
Le foyer des vertus par toi vient de s'éteindre,
O Mort! en peut-il naître un second aujourd'hui?
L'air, la terre et les eaux devraient verser des larmes,
Et vous aussi, mortels qui, privés de ses charmes,
Semblez un pré sans fleurs, un anneau sans rubis.
Le monde où je l'aimais ignora mon idole.
Mais nous la connaissions, moi, que rien ne console,
Et le ciel ravisseur qui lui doit tout son prix ! 









De longs cheveux brillant à rendre l'or jaloux,
Le regard le plus pur, le plus charmant visage
Qui jamais aient fait mettre un mortel à genoux,
Un sourire ineffable, un gracieux langage,
Une main, de beaux bras noblement arrondis
A faire implorer grâce au cœur le plus rebelle,
Un pied fait par l'amour, une femme si belle,
En un mot, qu'il n'est rien de tel au paradis,
Me faisaient d'heureux jours; mais Dieu l'a rappelée,
Empressé de la voir parmi sa cour ailée,
Et moi, je reste seul, les yeux morts au bonheur.
Pourtant une espérance ici-bas m'est laissée :
Peut-être l'ange heureux, qui lit dans ma pensée,
De nous voir réunis obtiendra la faveur.








Sans doute en ce moment tu pleures tes beaux jours,
Joli petit oiseau qui vas à l'aventure,
Car l'hiver et la nuit, attristant la nature,
Ont chassé la lumière et le temps des amours.
Ah ! si tu connaissais le mal qui me dévore
Ainsi que tu connais tes cruelles douleurs,
Tu viendrais sur mon cœur, que rien n'apaise encore,
Et nous souffririons moins en confondant nos pleurs.
Mais c'est trop demander : celle qui t'est ravie
Peut-être maintenant n'a pas quitté la vie,
Et moi, j'implore en vain et le ciel et la mort.
Cependant la saison et cette heure avancée,
Et mes doux souvenirs et ma peine passée,
Tout m'invite à donner une larme à ton sort. 




 

 

A LA FONTAINE DE VAUCLUSE

CANZONE

Eau claire, fraîche et bienfaisante
Où la dame, unique à mes yeux,
Baignait ses membres gracieux;
Gentil rameau sur qui sa main charmante,
Je tressaille à ce souvenir,
Se plaisait à se soutenir;
Gazon fleuri sur lequel s'étendirent
Sa jupe et son beau sein ; air pur où sans retour
Ses yeux adorables ouvrirent
L'accès de mon cœur à l'amour;
Soyez tous attentifs à ma plainte dernière.
Si tel doit être mon destin
Et si le ciel exauce ma prière
C'est en ces lieux, qu'à mes pleurs mettant fin
L'amour fermera ma paupière.
Si quelque honneur doit recouvrir encor
Parmi vous mon corps périssable,
Et si mon âme doit prendre l'essor
Vers sa demeure véritable,
Avec un tel espoir la mort
Dans ce pas incertain me sera moins pénible,
Car mon esprit lassé n'a pas de meilleur port
Et ma chair et mes os de fosse plus paisible.
Peut-être reverrai-je encore en ce séjour,
Comme autrefois dans un bienheureux jour,
Cette beauté cruelle et pourtant si charmante,
Elle tourne vers moi joyeuse et séduisante
Ses yeux en me cherchant; elle voit se creuser
La terre et, n'écoutant que l'amour qui l'inspire,
Elle semble oublier le ciel et s'accuser,
Tant son cœur tristement soupire,
Et de son voile elle étanche ses pleurs.
Des beaux rameaux incessamment des fleurs
Pleuvaient sur son beau corps; assise et bienheureuse
On la voyait pourtant jouir modestement
De sa gloire et déjà cette pluie amoureuse
La recouvrait complètement;
Telle fleur se posait au bord du vêtement,
Telle autre sur ses tresses blondes,
Comme des perles sur de l'or;
Telle atteignait la terre et telle autre les ondes;
Et, plus audacieuse encor,
Telle autre, tournoyant lentement, semblait dire :
De l'amour c'est ici l'empire.
Combien de fois effrayé je me dis :
« Elle naquit sans doute au paradis. »
Son port divin, sa voix, ses traits et son sourire
M'avaient troublé l'esprit, tout m'était devenu
Incertain et confus, et j'en vins à me dire :
Comment suis-je en ces lieux, quand y suis-je venu ?
Me croyant dans le ciel; aussi dans mon délire
Sur ces gazons je me plais désormais
Et c'est là seulement que je trouve la paix.









Mathilde Primavera.

samedi 28 mars 2015

Chaque jour une robe rouge, chaque jour une émotion (62)





Véritable durable Amour impossible !


Figurons nos fugaces futilités,
Inscrivons nos intempestives intuitions,
Gravons nos graciles grandeurs,
Dans la rose, dans la rocaille, dans le rocher, 
Pour que notre Amour improbable, impalpable, impeccable, 
Renverse le temps, transperce le vent, traverse le sang,
D'un jet, désormais, à jamais !


Texte de Mathilde Primavera.

jeudi 19 mars 2015

Merveilleux !








 "Le merveilleux est toujours beau, il  n'y a même que le merveilleux qui soit beau."

André Breton










"C'est l'incertitude qui nous charme. Tout devient merveilleux dans la brume."

Oscar Wilde
Le portrait de Dorian Gray  











"La modestie, c'est l'art de laisser aux autres, le plaisir de découvrir par eux-mêmes, la merveilleuse personne que je suis."

Anonyme








Mathilde Primavera.