Le
10 janvier 1430 : fondation de l’ordre de la Toison d’Or
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Le roi d'Angleterre
Grand Armorial équestre de la Toison d'Or
Flandres, 1430-1461.
Papier, 167 ff. ; 29 x 21 cm
BnF, Bibliothèque de l'Arsenal, Ms. 4790 Rés. f. 78
Le roi d'Angleterre porte des armoiries écartelé
aux 1 et 4 : d'azur semé de fleurs de lis d'or ; aux 2 et 3 : de gueules à
trois léopards d'or, ici répétées huit fois. Il est coiffé d'un léopard
couronné d'or, assis sur un chapeau de gueules retroussé d'hermine. Le
cavalier, tourné à gauche, est peint de trois quart, l'épée brandie derrière le
dos.
C'est à l'initiative d'Édouard III que les rois
d'Angleterre écartelèrent les armes de France et d'Angleterre sur leur écu. Ils
affirmaient ainsi leurs prétentions et leurs droits sur le trône de France, à
l'origine de la guerre dite "de Cent Ans", qui devait durer de 1337 à
1461. Les rois d'Angleterre conserveront cet écu jusqu'en 1802.
À l'époque de la compilation de l'armorial, le roi
d'Angleterre peut être Henri V, né en 1387 et roi de 1413 à 1422, ou son fils
Henri VI, né en 1421 et roi de 1422 à 1471. Henri V est déclaré héritier
présomptif et régent du royaume de France par le traité de Troyes en mai 1420.
À sa mort prématurée, en 1422, son fils n'est âgé que de quelques mois; la
double régence est confiée à Jean de Lancastre duc de Bedford (mort en 1435).
Déclaré majeur en 1437, le roi d'Angleterre Henri VI est couronné roi de France
à Notre-Dame de Paris en décembre 1431. Son règne est marqué par de nombreux
troubles en Angleterre, notamment après le milieu du siècle; il est déposé en
mars 1461, puis rétabli en octobre 1470, déposé de nouveau en avril 1471, et
enfin assassiné en mai 1471. "

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Grandes armes de Charles de Croÿ, prince de Chimay, chevalier de la Toison d’or (vers
1491-1493).
Livre des statuts de l’ordre de la Toison d’or
Bruxelles, KBR, ms. IV, 125, f. 5 vo
Écu : écartelé aux 1 et 4: d'argent à trois doloires de
gueules; aux 2 et 3: d'argent à trois fasces de gueules; en coeur: un écusson
écartelé d'or au lion de sable et losangé d'or et de gueules, brochant sur le
tout ; entouré du collier de la
Toison d'or.
Cimier : dans un vol d'argent, une tête de loup de sable
colleté d'or.
Mot : MOY SEUL. "
" Saint André
Livre d’heures à l’usage de Rome
Les maîtres de Guillebert de Mets (enluminure), Pays-Bas méridionaux, Gand (?),
entre 1409 et 1419..
Parchemin, II + 252 + I f., environ 140 × 103 mm, 28 miniatures à
pleine page, 12 médaillons, 1 initiale historiée
Paris, BNF, Mss, NAL 3055, f.
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André, l'apôtre supplicié sur une croix en forme de
X, est un des patrons de la
Bourgogne avant d’être celui de la Toison d’or. Sous Philippe
le Hardi déjà, on explique comment André a évangélisé la Scythie, pays d’où les
Burgondes, ancêtres des Bourguignons, passent pour être originaires. Cette idée
est reprise par tous les historiens et chroniqueurs du XVe siècle. À l’époque
des querelles entre Armagnacs et Bourguignons, l’apôtre devient un saint
politique : il protège le parti bourguignon, et sa croix en forme de sautoir
constitue un des signes de ralliement utilisés par tous ceux qui soutiennent ce
parti. Dans cet emploi elle est de couleur rouge.
Lorsqu’il institue l’ordre de la Toison d’or en 1430,
Philippe le Bon place celui-ci sous le double patronage de la Vierge et de saint André.
Patronage prestigieux puisqu’il associe la mère du Christ et le premier apôtre
qui ait tout quitté pour suivre Jésus ; pour un ordre qui se propose de
reconquérir les lieux saints, c’est là une idée forte. C’est en outre un
patronage naturel qui s’impose puisque André est depuis plusieurs décennies le
protecteur de la Bourgogne,
du duc, de sa maison et de sa clientèle. Le cri héraldique du duché, Montjoie
saint Andreu, devient aussi celui de l’ordre ; et la croix en forme de sautoir,
attribut premier du saint dans l’iconographie depuis la fin du XIIIe siècle, se
transforme en badge de la
Toison d’or. On l’associe fréquemment au fusil et à la pierre
à feu.
Les premiers chapitres de l’ordre se sont tenus le
jour de la fête de saint André, c’est-à-dire le 30 novembre. Quand ils duraient
trois jours, le premier était consacré au saint apôtre, le second aux
chevaliers défunts, le troisième à la Vierge. Mais après le chapitre de 1445, arguant
du mauvais temps en cette période de l’année, on déplaça la tenue des chapitres
au printemps. "
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L'empereur du Saint Empire romain germanique
Grand Armorial équestre de la Toison d'Or
Flandres, 1430-1461.
Papier, 167 ff. ; 29 x 21 cm
BnF, Bibliothèque de l'Arsenal, Ms. 4790 Rés. f. 1
L'empereur du Saint Empire porte des armoiries d'or
à l'aigle de sable, ici répétées huit fois. Il est coiffé d'une couronne d'or
fermée, rehaussée de pierreries et cimée d'une aigle. Le cavalier, tourné vers
la droite, brandit l'épée, les bras levés, enserrant la lame dans son gant de
fer.
Fondé au Xe siècle, le Saint Empire romain
germanique se veut l'héritier de l'Empire carolingien. Il s'étend sur de très
vastes territoires qui comprennent presque toute l'Europe du Nord et l'Europe
centrale, et jusqu'en Italie. Longtemps en lutte avec le pape, l'empereur
romain germanique considérablement affaiblie son autorité au XIVe siècle.
Durant la première moitié du XVe siècle, cinq
titulaires se succèdent sur le trône impérial : Robert de Bavière (1400-1410);
Josse de Moravie (1410-1411) ; Sigismond de Luxembourg (1411-1437) ; Albert II
d'Autriche (1438-1439) et Frédéric III d'Autriche (1440-1493). C'est sous
l'empereur Sigismond que l'aigle bicéphale devient l'emblème de l'empereur,
tandis que l'aigle monocéphale désigne le roi des Romains.
Le Saint Empire romain germanique est la
désignation la plus courante, au cours des siècles, de l'Empire fondé par Otton
Ier le Grand, le 2 février 962. En 1387, l’empereur Wenceslas le divise en
quatre cercles : le premier comprend la Haute et la Basse-Saxe ; le second la Rhénanie ; le troisième
l’Autriche, la Bavière
et la Souabe ;
le quatrième étant formé de la
Franconie et de la Thuringe. Cette répartition subsiste jusqu’en 1438,
année où Albert II procède à une répartition en six cercles sous l’autorité de
l’Électeur de Brandebourg, de l’archevêque de Salzbourg, du comte de
Wurtemberg, de l’évêque de Mayence, de l’Électeur de Cologne et de l’Électeur
de Saxe.
Longtemps en lutte avec la papauté, la position de
l'empereur romain germanique s'est, en fait, considérablement affaiblie au XIVe
siècle. La rupture définitive avec Rome et le repli de l'Empire sur le royaume
allemand restreignent la force politique de l'empereur face aux
princes-l’Électeurs. Seuls Sigismond, élu roi des Romains en 1411 et empereur
en 1433, et Frédéric III, dernier souverain allemand consacré à Rome, font
preuve de qualités politiques suffisantes pour imposer leur autorité. Frédéric
III d'Autriche assure, notamment, la suprématie des Habsbourg sur le trône ;
Charles le Téméraire, le plus puissant duc d'Occident, tente vainement
d'obtenir de lui un titre royal, destiné à concrétiser la réunion de ses
possessions bourguignonnes et lotharingiennes. "
